Ma Motivation

        

 Né en 1961, j’ai grandi à la campagne en périphérie d’une petite municipalité de 8000 habitants qui se nomme Asbestos. Le souvenir le plus lointain qui remonte à ma mémoire, concernant mon éveil face à l’espace et l’univers qui nous entourent, remonte à l’âge de 8 ans. En 1969, j’étais en 3ème année de primaire. Notre professeur nous a conduits au gymnase où tous les élèves étaient rassemblés pour regarder sur un téléviseur, les astronautes de la NASA ( Apollo 12 ) mettre le pied sur la lune. N’ayant jamais entendu parler auparavant d’une telle chose, j’ai été foudroyé de fascinations et de questionnements. Par la suite, je suis rapidement devenu un fidèle adepte des émissions de sciences fictions dont : ‘’ Perdu dans l’espace’’, ‘’Star Trek’’ et ‘’Cosmos 1999’’ jusqu’à la fin de ces télé séries.
Dans les années 70, mon adolescence a été submergée dans le cafouillis des extraterrestres, des Ovnis (UFO) et des témoignages de gens enlevés par des soucoupes volantes. À 14 ans, j’ai lu le livre : ‘’J’ai été enlevé par les extraterrestres’’ à 3 reprises et je me suis mis à douter de ce témoignage. À 15 ans, j’ai assisté à une conférence donnée par un ‘’Ufologue’’ et au cours de la période de questions, mon professeur de physique a complètement démantelé la validité des témoignages du conférencier. Ce fut pour moi la mort des extraterrestres mais, la passion des sciences a germé en moi et jusqu’à ce jour, elle ne m’a jamais abandonné.


Je suis ensuite devenu un grand passionné des livres d’Isaac Asimov, de Carl Sagan et d’Hubert Reeves. J’ai lu tous les livres de ce dernier.
De 19 à 34 ans, j’ai toujours tendu l’oreille à tout ce qui concerne l’astronomie et l’exploration spatiale mais, j’ai peu regardé les étoiles. Je devais me faire une place dans la société. Je me suis de nouveau ouvert les yeux vers le ciel à l’âge de 35 ans. Un ami s’est acheté un télescope et m’a incité à m’en acheter un. Ce fut un Celestron 8" Deluxe. J’ai fait beaucoup de lecture et d’exploration visuelle pour apprendre à connaître cette bonne vieille voûte céleste. Le tout a eu un effet de rétroaction constante ou plus tu lis, plus tu veux voir et plus tu regardes, plus tu veux lire.
À 40 ans, j’ai rencontré Frédéric et ensuite Pierre qui m’ont initié aux bases de l’astrophotographie. J’ai changé mon équipement pour un Meade 12" LX 200 GPS ( GPS qui ne sert pas en position équatoriale! ). Eric s’est joint à nous par la suite. Ensemble, nous avons cheminé parmi les multiples facettes de cette science et la synergie du groupe nous a fait progresser à un rythme qui allait bien au-delà de ce qu’on aurait accompli en solitaire.
Sous plusieurs aspects, l’astrophotographie englobe des notions de physique, d’astronomie et de mécanique céleste, d’optique, d’informatique d’imagerie, de photographie, d’art, d’esthétique et de philosophie. Il s’agit d’une discipline qui demande beaucoup de précision, de soucis du détail, de patience et de persévérance. Par contre, la satisfaction de nos résultats compense très bien pour les efforts fournis.


Sur le plan philosophique, l’astronomie nous fait découvrir de nouveaux horizons. L’exploration de l’univers et la découverte de ses beautés nous ouvrent l’esprit vers l’extérieur et nous aident à se situer dans cette immensité qui nous entoure. Capter les images du cosmos nous fixe à l’idée qu’il y a bien plus que notre petit nombril.


Il faut se rappeler qu’au cours des siècles, la face du globe a été transformée par l’activité humaine. Nos ancêtres ont évolué dans un tout autre environnement que celui qui nous entoure. Par contre, lorsque ceux-ci levaient les yeux vers le haut, ils voyaient sensiblement le même ciel que nous. Il s’agit donc d’un héritage ancestral qu’il ne faut pas perdre ne serait-ce que par ce lien qui nous lie au passé. Il faut protéger le ciel, il est notre seule fenêtre sur l’univers.
Cette science est cependant grandement menacée. Les humains ont cette fâcheuse habitude d’avoir peur du noir et d’éclairer en excès le monde extérieur. Cette tendance a pour effet d’atténuer la luminosité du ciel et nous fait perdre cette richesse naturelle qui s’offre à nous toutes les nuits. Mon plus grand souhait est de contaminer le plus de gens possible avec cette passion, dont mes 3 filles et je me fais un devoir de sensibiliser la population à la pollution lumineuse. Fermer vos lumières! Ce sera le plus grand geste concret que vous pourrez faire pour sauvegarder l’éclat du ciel étoilé. L’effort est minime.
Pour conclure, l’astrophotographie est donc une discipline complexe mais, accessible, qui fait appel à l’éveil, la curiosité, la fascination, l’émerveillement et la passion. Les clichés du cosmos sont les images de nos origines.
 


Je me porte à sa défense.
 


Claude Baril
 

 

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